Commentaire aux commentaires
Le blog c'était bien à Harbin, mais ici j'ai trouvé bien mieux. Au lieu de partager avec vous quelques photos et impressions, je commence un fin quadrillage de la capitale, teste les restaurants, recherche les plus beaux jardins, les marchés les plus étonnants…

…où l'on choisit son grillon de compagnie à la qualité de son chant.
En bref je prépare vos prochaines visites, parce que venir ici vaut vraiment le voyage.
Tout a une fin
Le temps, qui à Harbin se traîne comme un petit vieux paralytique, reprend enfin sa course excitante. En effet, de façon prématurée et inespérée, notre expérience harbinoise s'achève dans quelques jours. Sans verser des larmes de crocodile, notre séjour ici nous laissera malgré tout de bons souvenirs hauts en couleur, forts en odeur et excessifs en température.
Nous n'en avons pas pour autant fini avec la Chine et notre aventure continue à Pékin, où se concentre le souffle essentiel qui revitalisera nos neurones anémiés.
En refermant le chapitre "Harbin", je mets également fin à ce blog et remercie tout particulièrement celles et ceux qui ont eu la gentillesse d'y participer en laissant des commentaires.

Harbin la divine Encre de Chine – avril 2010
Des tours comme des champignons
Vite, vite, l'hiver fait déjà la nique à l'automne et les gouttes de pluie sont d'humeur floconneuse.

Dans la nuit, le golf a blanchi.

À Harbin, la saison de construction est courte. Toutes les nuits, le chant des poutrelles métalliques, des brouettes qui grincent, des gravas qu'on évacue rappellent qu'il faut faire vite.


Hors d'air, hors d'eau,hors d'œuvre, hors jeu, ouf !

Dans un seul bloc, on pourrait loger toute la population d'Ondres, chiens, chats et poules compris
De plus en plus éloigné des "beaux" quartiers et en sursis,

les petits métiers qui donnent un peu de charme et d'humanité à ce pays.

Dans toute la ville, les poireaux résistent à la modernité,

pour le plus grand bonheur de certains.
Harbin, le retour
Pendant qu'en France l'été mûrissait doucement, Harbin faisait béton neuf. Incroyable pays où, en l'espace de quelques mois surgissent, hors des gravats des taudis démolis, tours innombrables et avenues plus larges que nos plus vastes autoroutes. Les habitants en sont fiers, très fiers.

Dans notre quartier, les arbres n'ont pas étaient abattus en vain : 6 belles voies dignes d'un circuit pour Formule-1 font le bonheur des automobilistes. Celles-ci sont bordées de larges trottoirs bétonnés que le piéton aventureux quitte à regret pour s'élancer vers l'autre rive du fleuve bitumé et toujours en crue.

Mais y'a pas à braire, quand on est un vieil âne, le progrès c'est vraiment chouette.
Peu pressés d'asphyxier nos mirettes avec toute cette belle modernité, nous sommes allés au jardin botanique rendre visite à l'automne.


Ici comme ailleurs, l'un de ses flamboyants ambassadeurs : l'érable.
Éternel automne ? Peut-être, peut-être pas…
Quoi de neuf ?
En panne de découvertes à vous faire partager, j'ai dû abandonner le blog pendant quelques temps. Aussi c'est un peu à l'arraché que je vous redonne quelques nouvelles.
Arbres déracinés, rues et trottoirs éventrées, immeubles démolis, ponts anéantis, c'est avec un acharnement inouï qu' Harbin se déconstruit pour mieux (?) se rebâtir. La poussière des travaux, qui envahit l'appartement, intimement mêlée aux 30°de chaleur sèche de l'été rendent ce début de saison un poilichon désagréable.
Mais il reste quelques endroits préservés sur les rives de la Songhua.

Île Taiyangdao, avec la ville pour toile de fond, c'est le paradis pour les très organisés amateurs de barbecue

et les adeptes de généreux pique-niques, accompagnés d'un léger barbotage du gros orteil.
Côté ville, on ne se mélange pas le long de la promenade du Jiuzhan Park. Une population essentiellement masculine se partage le territoire.


Il y a les pêcheurs, élégamment coiffés à la mode qui trotte,

les seigneurs de la rivière, rusés nageurs suivis de leurs fidèles bouées qui brassent droit devant eux tandis que le très fort courant les entraîne en aval. Le tout étant de bien calculer le rapport entre les deux forces pour reprendre pied à l'endroit désiré.

Plus loin, le quai à bronzer où se peuvent pratiquer cluques, jeux, potins et…

… exhibition. La plupart aimant se chauffer le cul nu sur les dalles.

Profitant des eaux claires du fleuve, tout un chacun vient y faire sa blanche lessive dominicale.
Désormais tout ce que je pourrais vous raconter de plus ne serait que répétition, aussi je vous invite à reprendre la lecture de ce blog à son début pendant que je le mets en vacances.
Beaux jours sans fleur ni feuille
Le printemps fait toujours sa mauvaise tête, mais qu'importe, le froid a reculé, les habits d'hiver ont regagné les placards, les cœurs sont guillerets.

À 2 ou 3 Km derrière chez nous, dans le parc Shangzi, les notes aigrelettes des erhus, du ruan et du sian-xian remplacent les chants d'oiseaux. Magie des musiques anciennes.

À l'écart, un joueur solitaire de dizi nous enveloppe d'une mélodie tour à tour joyeuse et mélancolique.

Appliquées et heureuses, les reines du jour sont redevenues jeune fille.
*
La Songhua s'est enfin libérée des glaces.

L'eau est plus "chaude", mais il faut quand même affronter un très fort courant et les ordures que le fleuve charrie.


En retrait des berges, à l'abri du vent, papotages et gazouillages.

Chacun s'active à réparer les méfaits de l'hiver.

Vent force 5, la saison commence bien pour les vendeurs de cerfs-volants…

…un peu moins bien pour les lucanophiles amateurs.

Souvenirs de vols en parapente, invite d'un ciel sans nuage, envie de couper les fils.
Printemps en grève
Le printemps traîne du bourgeon pour s'installer par ici et je le comprends fort bien même si je le déflore. Gros 4x4 et grosses berlines ont besoin de routes plus larges et plus nombreuses. Exit les lilas, prunus et autres arbustes qui avaient vaillamment survécu à un hiver particulièrement long et froid.

02 Mai 2010

02 Mai 2009 : Il y a de quoi avoir des regrets, non ?
Freunde besuchen uns
Samedi 10 avril, tout droit arrivés de Munich, Beatrix et Roman viennent, le temps d'un demi week-end, explorer Harbin.
Nous commençons le dimanche par la visite des deux incontournables : le temple de Confucius et le temple Jile.

Merci gentil Bouddha pour ce nouveau balai à mettre dans ma collec.

Sans oublier l'unique (à ma connaissance et après enquête) paifang d'Harbin.
Nos voyageurs désirent voir l'autre côté du miroir touristique de notre brave ville (ne riez pas, il y a ici un centre historique fort fréquenté par les autochtones), aussi allons nous dans un autre quartier que nous aimons beaucoup. Situé à deux pas (enfin presque) de Sainte-Sophie. Dépaysement garanti…

Dans un grand magasin, d'une centaine de mètres de long sur 6 étages, capharnaüm de minuscules boutiques. Mieux que chez Harrod's, on trouve de tout dans cet énorme bazar.
À plusieurs blocs d'immeubles de là se tient régulièrement le marché aux "dong wu" (objets qui bougent), autrement dit le marché aux animaux.

Après quelques hésitations, nous préférons y aller à pied.

Un vrai truc de pro.


Petite animalerie familiale.

Le rendez-vous des cynophiles avertis et …

…des distingués aquariophiles.

Cheloniophiles émotifs s'abstenir. Les autres peuvent aller chercher dans le dictionnaire.

Ornithologistes et colombophiles, unissez-vous !
Nos amis allemands s'attristent devant les misères du monde animal, il est temps de leur remonter le moral…

…avec des douceurs de la cuisine locale.

Les sourires sont revenus.

Ventre affamé n'a plus d'oreille, ventre repu n'est plus ému.

Entre autres divagations dans Harbin, la traditionnelle balade le long de la Songhua, encore prise par la glace.
Après cette visite éclair, nous les accompagnons dès le lendemain jusqu'à Pékin.
*
Grand beau temps, pas de nuage, c'est de bon augure pour aller au "Temple du Ciel".

Bien sûr nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée.

Mais en regardant en l'air, on peut presque se croire seul au monde et s'imaginer porté dans l'azur par les tuiles bleues et vernissées.

Allez savoir pourquoi il y a des endroits magiques peu fréquentés,

voire désert.

Peut-être certains lieus sont-ils bien gardés.
*
Bien restauré et pas très fréquenté nous retournons sur le site de Mutianyu. Pour changer, nous choisissons d'emprunter le téléphérique qui dessert la partie ouest. Émotion renouvelée, la grande muraille ondule toujours.

Escaliers à-pic, marches irrégulières. La grande muraille se mérite.

Passage hors du temps, hors d'atteinte.

Mélancolie d'un passé imaginaire oublieux des âmes guerrières.

J'espère que nous reviendrons encore et encore…

Descente rigolote sur de drôles de luges.
*
Cette fois-ci nous disposons d'un peu plus de temps pour visiter le Palais d'Été.

Les groupes se marchent sur les pieds…et sur les nôtres.

Il est toujours possible de s'isoler dans la cour d'un pavillon,

au risque d'y croiser d'anachroniques fantômes.

Il y a toujours moyen de marcher le nez en l'air,

de pénétrer dans le "Palais des Nuages Ordonnés",

d'affronter encore des escaliers,

pour parvenir au "Temple des Fragrances Bouddhiques".

De suivre la longue galerie de bois…

…pour quelques instants désertée,

dont les poutres et panneaux de bois sont décorés de milliers de peintures.

Contempler le bateau de marbre de l'impératrice Cixi.

Avant de quitter le Palais d'été, un dernier regard sur le lac Kunming.
Parc national de Zhangjiajiè
Puisqu'à Harbin le froid et la neige ont pris leurs quartiers d'été, un salto arrière dans la trame du temps nous propulse sous des cieux plus cléments : douceur et chaleur, c'est dans le Wulingyuan que nous avons passé le week-end de Pâques.
Samedi 3 avril, départ en avion pour Changsha. Pas vraiment ce qu'il y a de plus direct mais c'est la seule ligne sur laquelle nous trouvons des places. Entre vol annulé et autres différents retards, nous n'avons plus le temps de visiter la ville. Le plus urgent est de trouver un moyen de transport pour couvrir les 250 derniers kilomètres qui nous séparent de notre destination finale. La route ou le rail ? Nous avons un faible pour le train.

Avec 2h de retard, le voici qui entre en gare de Changsha. Détail que nous ignorons, les trains verts ne sont pas prioritaires et s'arrêtent souvent pour laisser la voie libre aux autres. Au total nous mettons plus de 8 heures pour atteindre notre but.

Les "banquettes molles" sont des couchettes dont les couettes sont encore chaudes des précédents occupants.

Plaisir enfantin de voir les paysages se dérouler sous nos yeux.

Simplicité des jardins, intimité des arrière-cours.

En ce début d'avril, c'est Qingming, la fête des morts. Selon les moyens des familles, les tombes, dans les cimetières, sont nettoyées ou les tumulus, disséminés dans la campagne, sont désherbés. Pas de chrysanthèmes mais des offrandes. Trait d'union entre terre et ciel, des fumées d'encens montent vers les nuages, de l'argent factice est brûlé, des lampions rouges et de brillantes guirlandes sont disposés çà et là.

Arrivés à Zhangjiajiè, il nous faut encore faire une trentaine de kilomètres en taxi avant de parvenir à notre hôtel situé aux abords du parc national. La chambre rustique est assez sale mais qu'importe, nous sommes enchantés par la beauté du paysage.


Petit village de montagne, torrent…, nous revivons
Le lendemain matin, après avoir étudié la carte de la région et choisi notre circuit, nous nous faisons déposer à la porte sud-est. À l'intérieur du parc, les distances sont importantes et de nombreux minibus font la navette entre les différents sites. Manquant un arrêt, nous improvisons un autre itinéraire qui nous mène dans le secteur de Tianzi Shan. Itinéraire qui s'avère être à rebrousse-groupes. Ainsi nous ne sommes jamais pris dans les masses de touristes chinois agglutinés derrière leur guide qui hurle à plein poumon dans un mégaphone. À peine le temps de protéger nos tympans et nous les croisons "facilement".

On en croit pas nos mirettes

Pics karstiques poilus, voici "Les pinceaux de l'empereur"

Avec beaucoup de professionnalisme, les porteurs se préparent à balader les touristes.

Une volée de 100 marches pour parvenir sur la plateforme d'un pic. Le paysage est superbe, mais nous nous passerions bien de la musique (un vieux tube de U2) qui nous fauche les tympans.

Pas de petits sentiers, mais des marches, des milliers de marches qui rabotent les rotules et enflamment les ligaments.

Il faudrait prendre le temps de retirer chaussures et chaussettes pour que nos pieds profitent aussi du paysage.

Nous passons un peu au large pour ne pas finir comme des dindes assourdies et farcies aux marrons.

Des souvenirs pour tous les goûts mais pas pour toutes les poches.

"Arche naturelle" pour certains, "pont des amoureux" pour d'autres, le chemin qui y mène et l'enjambe est balisé de milliers de cadenas.

Si le symbole est clair, est-ce d'amour ou de prison dont il s'agit ? Bien réfléchir à l'engagement supposé car une fois la clef jetée dans le vide, il sera trop tard.

À-pics vertigineux comme tout bon à-pic.

Il s'appelait Nantianyizhu mais, après avoir servi de modèle dans le film "Avatar", il a été officiellement rebaptisé "Mont Hallelujah". Cela devrait faire affluer davantage de touristes sur ce site. Nous, on trouve qu'il y a déjà suffisamment de monde.

Piment et huile, c'est la base de la cuisine locale. Petite nature s'abstenir.

Pour atteindre l'entrée principale du parc, située à proximité de notre hôtel, nous suivons "la rivière du fouet d'or" sur 7 km. Heureusement le chemin, sans escalier, est facile…

…il suffit de sauter de liane en liane
Le lendemain matin, malgré quelques courbatures, nous partons affronter (téléphérique en panne oblige) les 3878 marches qui mènent au sommet du Huangshizai.

Ici pas de foule à affronter.

Pic solitaire : "la colonne du ciel du sud"

Nous atteignons "le pavillon des 6 merveilles". Merveilles que sont les montagnes, les rochers, les nuages, l'eau, les arbres et les animaux.

Avec moult précautions, nous redescendons les marches moussues et glissantes, sans s'exploser les genoux ni se casser la figure.

Le long de la rivière, la bande des macaques rhésus est toujours là.


Certains ont très mauvais genre…

…mais le piafou s'en fout et nous itou.


Un dernier regard sur le printemps avant de repartir demain matin.

Cette fois nous choisissons le bus. Heu oui, mais lequel ?

En-cas pour petits creux avant un long trajet.

Côté route, d'autres facettes de la vie quotidienne.

Les maraîchers aux portes de la ville de Changsha qui ne cesse de s'étendre.
*
À la gare routière, nous usons de nos regards les plus bridés et de nos sourires les plus jaunes pour déjouer les pièges du chauffeur de taxi qui aimerait nous faire payer double tarif pour aller jusqu'à l'aéroport.
*

Pas d'erreur nous sommes bien dans l'avion qui nous ramène à Harbin.
Tiens r'vlà l'hiver !
Lundi 12 et mardi 13 avril







